02 septembre 2026

La transparence à degré variable de Tesla pour le FSD

Critiqué pour son manque de transparence, Tesla a donc décidé de partager des données sur le système FSD Supervised. 

Un exercice qui ne doit rien au hasard. La marque table sur un possible vote à l'échelle européenne le 6 octobre.

Ce vote est capital, car Tesla a besoin d'une autorisation pour continuer son storytelling auprès des investisseurs. 

Et si jamais l'Europe dit non, l'exemption accordée en avril deviendrait caduque, entraînant également son annulation en Belgique, au Danemark, en Estonie et en Lituanie. 

Le constructeur publie donc un tableau de bord. Que faut-il en retenir ?

Sur une base de 100 millions de km parcourus en mode manuel en Europe, l'équipe d'ingénierie (pas des clients lambda, donc) aurait parcouru 1,6 million de km dans 8 pays sans incident majeur. Ce qui prouverait qu'il serait 4,1 fois plus sûr qu'un être humain au volant. A titre de comparaison, Tesla assure sur son site américain que le système serait 7 fois plus sûr (le FSD a parcouru 3 milliards de km aux USA). D'où vient une telle différence ? Mystère... 

Dans un post sur LinkedIn, un cadre de chez Tesla écrit que "ce tableau de bord exact a été partagé avec tous les États membres de l’UE en avril 2026, peu après l’approbation de la RDW, et toutes les données présentées datent d’avant cette date".

Sauf que la comparaison se fait entre des Tesla à conduite manuelle et des Tesla avec FSD, avec des données fournies par Tesla. Les chiffres n'ont pas été vérifiés par un tiers indépendant.

Dans une dépêche, l'agence Reuters rappelle que les régulateurs européens doutaient des statistiques de Tesla, en raison de facteurs de comparaison tronqués. Par ailleurs, les raisons de confidentialité imposées par Tesla à l'organisme de régulation néerlandais, qui a fait ses propres mesures, avaient aussi beaucoup choqué.

Cet exercice de transparence est destiné à faire pression. Une fois de plus, Tesla joue la carte de l'opinion, avec son armée de fans qui relaient la bonne parole sur les réseaux (par des copié-collé à la ligne près) en interpellant au passage le ministre français des Transports, Philippe Tabarot. 

La marque aurait pu faire les choses de façon plus sérieuse, et plus honnête aussi. Si elle est si sûre de sa technologie, pourquoi avoir choisi de passer par les Pays-Bas au lieu de déposer un dossier en Allemagne par exemple ? Et pourquoi avoir voulu instituer l'opacité sur ses données ? 

Mon avis est que Tesla panique. Alors que la Chine n'a toujours pas donné son feu vert en Chine pour le FSD Supervisé (qui reste en mode limité), le peu d'empressement de l'Europe vient contrecarrer ses plans. Et je ne suis pas certain que l'amélioration de la sécurité sur les routes soit la vraie priorité d'Elon Musk. Il vise plutôt des revenus récurrents sous forme d'abonnement.

Le système FSD Supervised est utilisé par plus de 70 000 clients qui parcourent plus d’1 million de km par jour, écrit fièrement la marque sur les réseaux. 

Je note que les médias accueillent avec prudence, voire sarcasme, ces chiffres. Même sur les sites très favorables à Tesla. 

1 commentaire:

  1. Tesla a fait les tests au Pays Bas car historiquement les véhicules sont homologués en Europe par le RDW. Le RDW a été choisi car Tesla avait une usine jusqu'en 2021 pour assembler les modele S. Dommage que lors des soucis du Diessel Gate, il n'ait pas eu une telle transparence des constructeurs. ..

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Merci de vous identifier, pas d'injures svp