Pour ceux qui se demandent à quoi peuvent bien correspondre les niveaux 2, 3 ou 4 auxquels se réfèrent les constructeurs et les acteurs de l'écosystème, un petit rappel s’impose.
Le degré d’automatisation a été fixé aux Etats-Unis par la SAE (Society of Automotive Engineers) qui a déterminé des niveaux de 0 à 5. C’est un standard reconnu au niveau mondial qu’on pourrait qualifier d’échelle de Richter de la voiture autonome.
Niveau 0 : aucune électronique d’assistance. Tout est régi par de la mécanique, sans intelligence logicielle pour piloter les organes de sécurité. Ce niveau s’applique aux véhicules les plus anciens.
Niveau 1 : des composants électroniques peuvent influer sur la conduite, que ce soit au niveau du freinage (ABS, ESP, freinage automatique d’urgence), du maintien des distances (ACC), de la direction ou de l’aide au stationnement (Park Assist). Mais, ils ne sont pas reliés entre eux. Le véhicule ne peut gérer qu’une action à la fois.
Niveau 2 : les systèmes d’aide à la conduite sont combinés et peuvent gérer automatiquement des manœuvres simultanées, comme par exemple le fait d’avancer et de freiner dans les bouchons tout en agissant sur la direction, ou changer de file sur autoroute pour dépasser quand le régulateur de vitesse adaptatif est activé. On commence à voir des systèmes (comme chez BMW ou Ford, qui permettent de lâcher les mains jusqu’à 130 km/h. Le niveau 2 (ou 2+ dans sa forme un peu plus perfectionnée) est aujourd’hui la norme chez tous les constructeurs, y compris Tesla.
Niveau 3 : on passe à un cran au-dessus. A ce stade, le conducteur peut lâcher les mains du volant, et détourner les yeux de la route, quand les conditions le permettent, jusqu’à une vitesse de 60 km/h. Mais, il doit pouvoir reprendre le contrôle en quelques secondes. BMW et Mercedes sont les seuls à avoir décroché une autorisation de niveau 3 en Europe et aux Etats-Unis. Honda l'a fait pendant un temps au Japon.
Niveau 4 : on commence à entrer vraiment dans l’ère du véhicule autonome. Encore plus évolué, le système de pilotage permet cette fois au conducteur de faire autre chose. Il peut par exemple lire, consulter ses messages pendant que le véhicule est conduit par l’intelligence artificielle. Dans le jargon du secteur, on parle de « hands off », « eyes off » et mind off » (sans les mais, sans les yeux et on ne pense plus à la route). Toutefois, ce niveau ne s’applique pas partout. Il peut être activé par exemple sur autoroute, ou dans des zones bien délimitées et pas forcément ouvertes au trafic. Dans les faits, ce sont les navettes autonomes et les robotaxis qui accèdent à ce niveau. Mais ils sont contrôlés à distance.
Niveau 5 : c’est le stade ultime. Le véhicule peut se conduire tout seul, partout, par tous les temps et sans intervention humaine. Mais cela n'existe pas.

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