D'ici quelques mois, l'Europe pourrait avoir à se prononcer sur l'exemption dont bénéficie Tesla aux Pays-Bas pour de la conduite automatisée mais supervisée, hors autoroute.
L'exemption a été accordée en avril dernier par le RDW, l'organisme local d'homologation, suite à une série de tests.
L'institut avait alors jugé que le système de Tesla était plus sûr que les autres systèmes d'aide à la conduite. Le communiqué peut être consulté ici. Par la suite, le RDW a proposé au reste de l'Europe d'homologuer le FSD, ce qui a convaincu certains pays (Belgique, Danemark, Estonie, Lituanie).
Mais bien d'autres, dont la France et l'Espagne, estiment que le système n'est pas assez sûr et ne se prononceront pas en l'état. Ils attendent une décision à l'échelle européenne.
Tesla étant accusé d'avoir enjolivé ses propres statistiques, un doute s'est installé.
Et il ne fait que grossir. En juin dernier, le RDW s'est fendu d'un nouveau communiqué. Il justifie sa méthode, simplement il conclut cette fois que le FSD est "au moins aussi sûr" que d'autres systèmes d'aide à la conduite.
Précisons que les tests ont duré 18 mois. Sur une période de plus de 3 000 heures, les essais ont eu lieu à la fois sur des pistes d’essai et sur des routes publiques, dans une grande variété de conditions, incluant un trafic urbain complexe et intense, une grande variété de types de routes, et différentes conditions météorologiques — y compris extrêmes.
Mais le problème n'est pas là. Il vient du fait que le RDW ne donne pas plus de détails, notamment sur les résultats de ses essais au nom de la protection des secrets commerciaux de Tesla. Une enquête de Reuters révèle que le constructeur a exigé de ne pas rendre publics ces documents dès la fin 2024.
Cette absence de transparence interroge. Et elle vient en contradiction avec les exigences de sécurité formulées par l'Europe, l'UNECE (ONU) et les Etats-Unis. "Je ne vois pas pourquoi ces résultats ne seraient pas rendus publics", estime Oliver Carsten, un expert de la sécurité dans les transports à l'Université de Leeds (Angleterre).
Reuters rappelle par ailleurs que Tesla essaie aussi de cacher des informations aux Etats-Unis, en demandant aux régulateurs de donner le moins de détails possibles en cas de crash impliquant son système.
A vouloir finasser, ou cacher des informations pas forcément en sa faveur, Tesla prend un risque. Soit il n'a rien à cacher et son système est le meilleur (c'est ce que pensent les fans de la marque). Soit, il y a un loup. Et cela finira par se savoir.

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