Challengé par BYD et une concurrence accrue dans la voiture électrique, Tesla essaie de se faire passer pour une entreprise de tech et d'IA, en communiquant sur les robotaxis et les robots humanoïdes.
Ce qui n'a pas l'air de marcher très fort pour le moment.
Mais, que dire des Chinois ?
Lors de la présentation à Munich de son dernier modèle LO3, un SUV destiné à l'international, Xpeng s'est présenté comme un acteur qui n'est pas (ou plus) seulement un constructeur automobile. La stratégie repose en fait sur 4 leviers : l’automobile intelligente, les robotaxis, les voitures volantes et les robots humanoïdes.
Ce discours un peu étrange reflète la vision d'un pays qui encourage le développement de l'IA à travers un plan spécial et le dernier plan quinquennal).
De fait, Xpeng essaie d'avancer sur la conduite automatisée en dehors de Chine. Son système VLA 2.0, comparable au FSD supervisé de Tesla, sera a priori lancé en Europe l'année prochaine. Et le constructeur travaille aussi pour faire homologuer en Europe ses "voitures volantes", appelées aussi eVTOL. Il dispose en effet d'une filiale (Xpeng Aeroth) et croit dur comme fer dans ce mode de transport, exposé dans le hall d'entrée de son siège européen, aux Pays-Bas.
Mais, on n'est pas en Chine, et la réglementation aérienne - qui est gérée par l'EASA - est bien plus sévère, pour des raisons de sécurité.
D'autres acteurs chinois pensent aussi que le taxi volant fera partie de l'équation. Ainsi, CaoCao - qui est une filiale de Geely comparable à Uber, pense pouvoir développer un jour des "green intelligent mobility hubs". Dans son esprit, ces hubs pourront concentrer des robotaxis (avec de l'échange de batteries automatisé et du lavage autonome) et des plateformes pour l'atterrissage et le décollage de taxis volants. Le tout sera placé sous la surveillance des satellites de la filiale Geespace du même géant Geely de l'automobile.
La vision peut sembler cohérente. La seule question qu'il convient de se poser, c'est : est-ce qu'il y a vfraiment une clientèle pour ça ? Et j'en ajoute quelques autres : est-ce que l'Europe va tolérer ce genre de mobilités sur lesquels on a peu de recul ?
J'observe que pour les robotaxis, il y a surtout beaucoup de communication et beaucoup d'ambition. Il faudra que les résultats suivent. Et on est plutôt dans la bulle spéculative, comme pour l'IA d'ailleurs.
Quant aux e-VTOL ou taxis volants, j'y consacre un chapitre dans mon livre "Le poker menteur de la voiture autonome". je n'y crois guère et on est dans le même schéma que pour le robotaxi, avec la croyance que la technologie va tout résoudre, sans se poser la question du modèle économie et de l'acceptation sociale.
Et plus globalement, il y a aussi une énorme bulle spéculative autour de l'IA et ce fameux modèle physique.

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