Internet ayant une mémoire de poisson rouge (seuls comptent les liens les plus récents), les fans des technos d'aujourd'hui ignorent souvent que beaucoup de choses ont été faites bien des années avant.
Et c'est le cas bien sûr dans la conduite autonome.
On peut s'extasier devant des vidéos Tik Tok de voitures qui passent des ronds-points sans qu'on touche le volant, mais c'est bien plus difficile de faire rouler des motos autonomes.
En 2018, BMW Motorrad a présenté en première mondiale une moto autonome sur sa base d'essai de Miramas, dans le sud de la France. Sur la base d'une R 1200 GS, ce prototype démarre seul, accélère, tourne sur une piste sinueuse et ralentit jusqu’à s’arrêter seul à un stop.
Vous ne me croyez pas ? Alors, voici une vidéo tournée à l'époque par un magazine de moto.
Pour avoir vu la moto à au CES de Las Vegas, je dois dire que c'est impressionnant.
L’objectif du prototype était d’acquérir des connaissances supplémentaires concernant la dynamique de conduite afin de détecter rapidement les situations dangereuses. L'idée était de pouvoir une aide au pilote pour les virages aux intersections ou lors de freinages brusques, par exemple.
Des idées qui se retrouvent dans cet autre prototype de BMW qui s'équilibre tout seul dans les virages.
Mais, revenons à la moto robotisée, avec le projet Motobot de Yamaha. Là, il s'agissait de remplacer le pilote par un robot humanoïde.
Le projet fusionne la technologie acquise par Yamaha Motor grâce au développement de motos (savoir-faire en dynamique du véhicule, contrôle électronique, etc.) avec la technologie acquise lors du développement de robots industriels. Il a bénéficié de l'aide de SRI International.
Sur la base des données de vitesse de la moto (une YZF-R1M), du régime moteur et de son inclinaison le robot Motobot pouvait contrôler six actionneurs pour piloter de manière autonome. L'objectif, en 2017, était de battre un pilote humain.
Et voici la vidéo, où l'on voit un Valentino Rossi bluffé par ce qu'un robot arrive à faire
Toutefois, c'est le pilote italien qui s'est montré le plus rapide.
A priori, Yamaha n'a pas persévéré dans ce projet. Mais, il avait en tête d'utiliser une technologie de reconnaissance de la position machine (GPS haute précision, divers capteurs, etc.) et l’apprentissage automatique, afin de permettre à Motobot de prendre ses propres décisions concernant les meilleures trajectoires à prendre sur un circuit et les limites des performances de la moto, afin d’améliorer ses temps au tour au fil des tours successifs.
Techniquement, cela vaudrait le coup d'y revenir.


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