10 septembre 2026

La région Ile-de-France choisit les véhicules autonomes collectifs

Pendant que Clément Beaune et d'autres plaident pour qu'on ait des robotaxis en France, de préférence américains et chinois parce que ça fait moderne, Valérie Pécresse fait un tout autre choix. 

La Présidente de la région Ile-de-France a pris la parole ce jeudi pour présenter sa vision des choses. 

Et elle préfère les véhicules collectifs. De toute façon, la région n'a pas la compétence pour les taxis, qui relève du ministère de l'Intérieur.

Valérie Pécresse reconnaît que les robotaxis ont fait beaucoup de progrès, que c'est arrivé à maturité dans certaines villes aux Etats-Unis et en Chine. 

Mais, ce sont des véhicules individuels dont le taux d'occupation est faible (1 personne par véhicule en moyenne, 90 % des trajets avec seulement deux passagers chez Waymo), qui roulent une partie du temps à vide et risquent d'amplifier la congestion routière.

La vision à la française est de proposer des minibus et des navettes, en complément des transports en commun existants. L'objectif n'est pas de remettre des véhicules sur la route (même électriques), mais de transporter plus de monde sans perturber le trafic.

L'Ile-de-France a une carte à jouer, car elle a déjà accueilli de nombreuses expérimentations (comme les navettes de Roland-Garros).

Aujourd'hui, il n'existe pas vraiment de véhicules de série (même si Milla Group soutient pouvoir le faire). Et selon Valérie Pécresse, il ne s'agit encore que de prototypes. D'où sa proposition de construire une vraie filière (de préférence européenne) de véhicules homologués et sur un territoire couvrant les zones de Saclay- Saint-Quentin et Versailles. 

D'ici 2030, la volonté est de s'appuyer sur des partenaires dont Vedecom, un institut de recherche qui a de l'expérience dans ce domaine, pour accompagner ce déploiement. Le budget sera de 20 millions d'euros par an une fois la flotte déployée. 

Concrètement, Ile-de-France Mobilités entend lancer un appel d'offres pour définir le choix du logiciel de conduite, la supervision à distance et les véhicules. L'ambition est de pouvoir lancer un premier service de transport à la demande en 2028, avec 20 véhicules. Et à la fin de la décennie, il y aurait une centaine de véhicules en circulation. 

Au lieu d'étoffer une offre urbaine surabondante, le parti pris est de proposer un service sur des lignes peu desservies, aux heures creuses et en soirée. L'Ile-de-France évaluera en continu la pertinence de ce service, l'acceptabilité et d'autres contraintes comme la cybersécurité.

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