04 août 2026

Uber pousserait également son modèle de réseaux hybrides (conducteurs + robotaxis) en Europe

Récemment, je vous partageais le contenu d'articles de Wired et de TechCrunch à propos d'Uber, qui fait du lobbying aux USA pour "vendre" aux décideurs un "modèle hybride", ou plutôt des "réseaux hybrides". 

Il s'agit d'intégrer des véhicules autonomes dans les flottes de VTC, mais de garantir un certain niveau de courses opérées par des chauffeurs. 

Une façon de ne pas heurter la corporation des chauffeurs de taxis, qui sont très remontés par exemple contre Waymo à New-York, et plus encore à Washington, où un projet de loi est en discussion.

Un article récent sur le site de CNBC permet de mieux comprendre la vision d'Uber. Selon Harry Hatfield, directeur en charge de la conduite autonome et de l'IA chez Uber, "L’avenir des transports n’est pas un choix binaire entre conducteurs humains et véhicules autonomes". "Ce sera un système hybride, avec des conducteurs humains et des véhicules autonomes opérant côte à côte, chacun répondant à des besoins différents et rendant le système de transport global plus résilient".

Il semblerait qu'Uber plaide déjà la même cause en Europe. Et ce discours trouve un certain écho chez les constructeurs automobiles. 

Plutôt que de faire des véhicules dédiés, sans volant ni pédales, à la fiabilité non démontrée, il paraît plus simple de livrer un véhicule doté de commandes conventionnelles, mais capable de rouler tout seul. La rupture serait moins nette. Mais sur un plan technique, c'est moins coûteux et hasardeux.

Si l'on met de côté les arrière-pensées (barrer la route à Waymo*, et possiblement Zoox quand ils viendront en Europe), la tactique a le mérite de rassurer. Au lieu de déployer H24 des robotaxis qui ne manqueront pas de créer des incidents en journée, dans le trafic, l'idée serait plutôt de faire rouler ces véhicules en fin de journée et la nuit. 

Le véhicule autonome pourrait être très utile quand il n'y a plus de métro, plus de bus. En déployant ces véhicules aux heures creuses, il serait plus facile de justifier leur apport à l'écosystème de mobilité. C'est cela le modèle hybride, qui permet d'introduire de l'innovation, tout en préservant l'emploi des chauffeurs. 

Aujourd'hui, ce thème est discuté à l'aune du progrès technique (puissance de calcul et IA). Mais personne ne parle vraiment de l'acceptation sociale. Or, c'est la clé de tout.

Pour ceux qui auraient oublié comment Uber s'est fait lyncher par rapport aux taxis (et les tensions demeurent vives), je suis prêt à parier que les chauffeurs parisiens (et marseillais aussi bien sûr) vont tout faire pour s'opposer aux robotaxis en concurrence frontale. Et il y aura probablement de la casse.

C'est d'ailleurs une question qui va se poser à Londres, Madrid et Munich, autant de villes où le géant du VTC entend déployer des robotaxis.

La piste des réseaux hybrides est-elle est une solution pour calmer les tensions et permettre un déploiement sécurisé des véhicules autonomes ? C'est en tout cas le pari d'Uber, qui s'est entouré d'une trentaine de partenaires et semble vouloir déployer de façon équilibrée.

*Partenaire d'Uber, la filiale de Google souhaiterait mettre fin aux contrats qui concernent Austin (Texas) et Atlanta (Géorgie) en 2028. Celui concernant Phoenix (Arizona) a pris fin en juin.

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