Vous avez peut-être entendu parler de The Shift Project...
Il s'agit d'un cercle de réflexion sur la transition bas carbone, fondé notamment par Jean-Marc Jancovici, un ingénieur qu'on entend beaucoup dans les médias sur les questions de climat et d'énergie.
Il se trouve que ce think tank prépare un rapport sur la décarbonation de l'automobile.
Et dans le prolongement de ce document, prévu pour février 2027, mais dont une version d'étape a été publiée hier, des notes thématiques ont également été dévoilées.
Et l'une d'elles concerne la mobilité autonome.
Ce document de 38 pages ne traite pas le sujet sous l'angle de l'effet whaou, lié à la technologie. D'entrée de jeu, il annonce que le véhicule autonome n'est pas une solution climatique en soi. Son impact dépend avant tout des usages qu'il permet, des services qu'il alimente, du niveau de mutualisation qu'il favorise et de son articulation avec le reste du système de mobilité.
Il y a en effet deux écoles. La première repose sur les robotaxis, avec des véhicules individuels plus confortables, mais dont l'impact n'a rien d'évident. Ces taxis sans chauffeur risquent même de détourner des usagers des transports alternatifs et d'augmenter le trafic, avec des véhicules qui tournent à vide une fois qu'ils ont déposé leurs clients. Et la seconde école, qui est plus européenne - si ce n'est française - consiste à utiliser des navettes en complément du transport public.
Cette piste est la plus vertueuse. Mais ce n'est pas celle que poussent le plus les géants de la tech.
L'intérêt de cette note vient du fait qu'elle ne se limite pas à l'analyse de la seule source d'énergie de ces véhicules (qui sont électriques). Elle prend en compte l'impact du numérique avec l'IA et le traitement des données, ainsi que celui des infrastructures associées.
Un travail d'analyse plus en profondeur va être mené de juillet à décembre 2026. L'étude veut répondre à la question : dans quelles conditions l'autonomie peut-elle contribuer à un système de mobilité à la fois accessible, désirable, économiquement viable et compatible avec les contraintes climatiques, énergétiques et matérielles du XXIe siècle ?

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