Le 19 mai, j'ai assisté à une conférence organisée par le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan sur le thème de la voiture autonome.
Elle a été ouverte par Clément Beaune*, ancien ministre des Transports et responsable de cet organisme, et Thomas Matagne, auteur d'une note de 5 pages sur le sujet.
C'est très bien de parler du véhicule autonome, mais encore faut-il associer les acteurs de la filière à ce genre de réflexion.
je ne vous cache pas que j'y suis allé surtout pour écouter et revoir Anne-Marie Idrac, ancienne ministre et haute responsable des mobilités automatisées. J'avais animé avec elle le lancement de la stratégie nationale dans ce domaine en 2018. Elle a parlé de système, d'intégration et d'organisation du transport, avec la réglementation faite par l'ONU et inspirée par la France.
Et j'ai retrouvé Benjamin Beaudet, qui est le DG de beti - Experts Mobilité Automatisée, un petit opérateur qui travaille avec les plus grands. C'est lui qui supervise à distance les navettes de Roland Garros avec Renault Group et WeRide depuis la Drôme. Et il a répété avec force que, non l'Europe et la France ne sont pas en retard. Et c'est de la réglementation française que la Californie s'inspire. Il a aussi déclaré que le robot-taxi n'était pas le cheval de Troie de la Chine et que les acteurs discutaient avec des opérateurs comme lui, car il faut des compétences pour le dernier km.
Claude Renard pour la DGEC (Direction générale de l’énergie et du climat) a rappelé que plus de 400 expérimentations ont été faites en France. Et que notre pays a été en pointe sur la réglementation (et c'est encore le cas). ll a aussi dit que le 8 juin, une réunion des ministres des transports de l'Europe allait donner une autre impulsion à la voiture autonome. Il faudrait aujourd'hui homologuer des voitures, selon lui.
Benjamin Beaudet et Claude Renard étaient d'accord pour dire que le défi de passer le rond-point de l'étoile avec des vidéos n'est pas ce que souhaitent les acteurs de la filière et le gouvernement. Un coup de griffe pour la presse, qui joue le rôle d'attaché de presse (ou d'influence) de Tesla.
Pour Île-de-France Mobilités il y avait Laurence Debrincat, qui a évoqué l'aspect social et l'acceptabilité. Et le PDG de la RATP Group, Xavier Piechaczyk a conclu en rappelant que sa société exploitait une navette de niveau 4 en Arabie Saoudite. Je l'ai entendu parler de 30 000 km en mode autonome avec 350 000 personnes.
Le robot-taxi n'est pas forcément le modèle. Et les besoins se font plus sentir dans les territoires ruraux.
J'en ai profité pour donner mon livre à Clément Beaune et à Anne-Marie Idrac. J'étais ravi aussi de retrouver Michel Parent, pionnier en France de la voiture autonome (j'en reparle dans un prochain post), Jean-François Sencerin de Renault et Serge Gachot, Commissaire du Mondial de l'Auto qui m'a révélé que des tests de véhicules autonomes (niveaux 2+ et 4) seraient organisés pendant le salon à Paris.
*L'ancien ministre s'est emparé du sujet et multiplie les déclarations sur le retard de l'Europe par rapport aux USA et à la Chine, ce qui a le don d'irriter la filière

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