Hier, je suis allé assister à une conférence organisée par le think tank Movin'On (lié à Michelin et d'autres partenaires).
Elle proposait un retour d'expérience de la part de l'opérateur Beti, qui a passé une semaine dans la baie de San Francisco, en avril, pour tester les différents services de robotaxis.
"Définitivement, c'est la capitale opérationnelle et technologique de la conduite automatisée", écrivait à chaud benjamin Beaudet sur sa page LinkedIn. "Oui, l'extension va s'accélérer mais il faudra compter avec les français n'en déplaisent à quelques oiseaux de mauvaises augures y compris de hautes fonctions".
C'est le discours qu'a tenu hier le PDG de Beti, en compagnie de ses collègues Pierre Chehwan et William Levassor qui l'ont accompagné.
Dans leur présentation, les trois hommes ont évoqué la technologie d 'aide à la conduite, mais aussi l'expérience client, les problématiques de recharge et de nettoyage, ainsi que la tarification et l'impact sur la mobilité.
Voyons d'abord les acteurs. Il a été rappelé en préambule qu'il y a beaucoup d'argent en raison de la présence de la Silicon Valley et que les acteurs de la Tech ont pris des risques. C'est le cas de Google qui a lancé Waymo, l'acteur le plus avancé. Il fait complètement partie du paysage à San Francisco avec ses Jaguar (mais il y a de plus en plus de Hyundai*).
Créée par des anciens de Google, Nuro est un acteur qui fait à la fois du robotaxi (il travaille avec Uber et Lucid) et la livraison.
Bénéficiant du soutien d'Amazon, Zoox a moins d'une centaine de véhicules à ce jour. Mais c'est l'opérateur qui a le plus impressionné l'équipe. Au-delà du confort du véhicule, il a surtout été question des opérateurs à distance, qui seraient particulièrement performants, et qui compteraient même d'anciens militaires.
Et bien sûr il a été question de Tesla. Les particuliers utilisent le FSD (autorisé là bas) pour se déplacer. Un système qui reste sous supervision.
Quant au Cybercab, ce n'est pas ce qu'on croit. Les exemplaires croisés par l'équipe avaient bien un volant et des pédales, comme quoi le storytelling et la réalité ça fait deux. Précisons qu'Elon Musk n'a pas voulu recevoir les frenchies.
La conférence d'hier, qui n'était pas ouverte à la presse, a permis d'apprendre des infos vraiment intéressantes.
Par exemple, Waymo fait rentrer ses robotaxis toute les deux heures pour les nettoyer et les remettre en état. C'est fait à la façon d'un pit stop de F1. Il y a donc des enjeu fonciers, car la flotte est importante. Et à ce propos, Tesla a récupéré les installations de Cruise (ex-GM, qui a fait faillite), pour avoir des ateliers de maintenance.
Et l'impact sur le métier de taxi et de TVC ? C'est ça le plus surprenant. Les robotaxis n'ont pas piqué le boulot des chauffeurs, qui ont même plus de courses (180 000 par jour). Ils remplacent l'usage d'une voiture personnelle. Et les habitants de Frisco sont très pragmatiques. Ils prennent un robotaxi ou un taxi (ou VTC) classique avec un humain en fonction de la dispo. Ce sont donc les distributeurs automobiles qui morflent dans le transport automatisé.
Ce qui est sûr, c'est que les américains vont débarquer. Uber a de l'argent et a les moyens d'agir sur la demande. Une quinzaine de villes en Europe seraient dans le viseur. Waymo et Zoox se préparent aussi. Mais il faudra du service, avec de l'interaction humaine et sociale. Et ça, l'Europe sait faire avec de solides compétences dans la supervision.
Il a été dit aussi que le robotaxi n'aurait que peu d'impact dans les grandes villes, où l'offre de transport est déjà là Mais c'est en milieu périurbain et dans les zones rurales que la demande existe.
*Acteur à suivre selon Benjamin Beaudet. Et il a raison, je les ai identifiés aussi dans mon livre
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Merci de vous identifier, pas d'injures svp